Archives de l’auteur : primitivi

La fête est finie à « la Grande Table de l’été » sur France Culture

http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-d-ete-renaissance-s-a-marseille-et-a-sienne-2015-08-14

Avec Martin Quénehen

listen1e partie : table-ronde autour des différents visages de Marseille avec

Jean-François Chougnet : directeur du MUCeM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée)

Nicolas Burlaud, documentariste, réalisateur de La fête est finie (sorti en novembre 2015)

Nevché, musicien, avec Rétroviseur, album « post capitale de la culture »

 

Sujet sur le film sur l’AlterJT

Extrait de l’AlterJT du 22/05/15

Sujet réalisé par Margaïd Quioc

Voir sur le site de l’AlterJT : http://www.alterjt.tv/la-fête-est-finie-a-marseille/

Un an après la clôture de l’opération “Marseille, capitale européenne de la culture“ en 2013, le réalisateur Nicolas Burlaud avec son film « la fête est finie » dresse un bilan critique de cette année « exceptionnelle » si l’on en croit des décideurs locaux. Rencontre avec le réalisateur.

 

Prochaines diffusions du film :
le 15 mai au Cercle du Laveu à Liège en présence d’Alessi Dell’Umbria et N. Burlaud
le 16 mai au Cinéma Nova à Bruxelles en présence d’Alessi Dell’Umbria et N. Burlaud
le 29 mai à la MJC du Vieux Lyon à Lyon dans le cadre des nuits mutines du cinéma
le 1er Juin au Lycée agricole de Valabre (13)
le 5 Juin avec la CNT à Villefranche sur Saône
le Jeudi 11 juin à la Jetée du Festival du Court-métrage à Clermont-Ferrand avec Pixel.
le 1er Juillet au Cinéma le Gyptis, 13003 Marseille

site : lafeteestfinie.primitivi.org

Extrait de l’AlterJT du 22/05/15

PCF DU 3ème le 24 avril

Les communistes du 3ème vous invitent

Projection-débat, suivie d’un repas partagé

« La Fête est finie »

Un film de Nicolas Burlaud

En présence de Christine THEPENIER, productrice du film

 Untitled 

 

 

Le Vendredi 24 avril à 18H

A la section PCF du 3éme –

Bd Leccia – 13003 Marseille

 

Un film élaboré comme un pamphlet pour mettre à jour les desseins des tenants du pouvoir local : uniformiser et embourgeoiser Marseille, sortir les classes populaires de la ville. Et cela a été rendu possible avec une transformation accélérée lors de l’année capitale de la culture 2013. Quel avenir est donné pour les populations de nos quartiers, laissées pour compte de ces rénovations urbaines ? Quel avenir pour les services publics, liens de proximité avec les habitants ?

Ces pistes de réflexions sont posées par Nicolas Burlaud, documentariste, monteur de formation, animateur du collectif Primitivi fondé il y a 15 ans. Il est à la réalisation de ce film-documentaire de 70 mn, avec son équipe et notamment une des productrices Christine Thepenier, avec qui nous pourrons échanger à l’issue de la projection.

PCF

 

A gauche toute!

A Marseille, la fête est finie sur le blog du monde diplomatique

Retour sur Marseille 2013, capitale européenne de la culture

A Marseille, la fête est finie !

voir sur le blog du monde diplomatique

dimanche 19 avril 2015, par Christophe Goby

Au delà de l’archive, le film de Nicolas Burlaud « La fête est finie », consacré à Marseille-Provence capitale européenne de la culture en 2013, est un outil de combat à l’usage du Marseillais.

« Marseille 2013 fut le cheval de Troie du grand capital », assume Nicolas Burlaud, heureux réalisateur de La Fête est finie, un long métrage documentaire qui s’ouvre sur des images de La transhumance des animaux, organisée en juin 2013 dans les rues de Marseille, et se termine sur le carnaval de La Plaine en mars 2014, une fête populaire vieille de seize ans, durement réprimée par la police, qui avait conduit cinq personnes sous les verrous [1].

Le local La Rouille, à Marseille, était trop petit pour accueillir tous ceux qui voulaient voir le film. Rebelote au cinéma Les Variété, où tout le monde n’a pas pu entrer. Pourquoi cet engouement ? La réponse se trouve d’une part dans ce courageux film, d’autre part dans les combats que mènent des habitants de la ville pour comprendre et défendre leurs lieux de vie.

« Je suis reconnaissant à Keny Arkana pour sa chanson “Marseille capitale de la rupture”. Elle nous a donné la force… et puis aussi Marseille en guerre, le blog », raconte Nicolas Burlaud. On retrouvera aussi comme source d’inspiration la trace du FRIC, le Front des réfractaires à l’intoxication par la culture (CQFD n° 99), un des rares groupes « erroristes » ayant survécu à Marseille capitale de la culture.

« A Primitivi nous avons une pratique d’observation régulière de la ville de Marseille, de sa gentrification, on suit ça depuis longtemps. » Cet ancien Clermontois qui a trainé ses culottes courtes dans le quartier « requalifié » du Port-Saint-Genès à Clermont-Ferrand et dans ses squats, a fondé Primitivi en 1998 à Marseille. Il s’agit d’un collectif tourné vers l’image et qui faisait de la télé libre au temps de Zalea TV, dissoute en 2007. « Nous faisions de la télévision pirate. On regardait nos émissions sur le canal 41 au Bar de la plaine. » Primi-TV faut-il lire, la télévision primitive. Le collectif a notamment produit « Marseille Clean » et l’épisode 2 « Marseille Ultraclean », sur la métropolisation de la ville.

Lire aussi François Ruffin, « Penser la ville pour que les riches y vivent heureux », Le Monde diplomatique, janvier 2007.« J’essaye dans La fête est finie de ne pas être donneur de leçons. J’ai fait en sorte ne pas travailler sur Marseille 2013 sans accabler les intermittents qui y ont participé. » Lorsque Marseille fut désignée capitale européenne de la culture, peu de gens doutent du bien-fondé de ce projet. « Sans trop savoir ce que j’allais faire, je suis même allé à l’inauguration sur la Canebière sans caméra, je sentais qu’on se faisait baiser ! » Ce soir-là, seul le Tableau noir, un squat du centre-ville expulsé depuis, dénonce avec une banderole immense la supercherie. « On ne savait pas quoi dire, on critiquait à vide… » L’année avance et Nicolas se met à filmer pour comprendre : « La capitale de la culture, c’est une étape historique de la gentrification. » Cette requalification des quartiers, comme le périmètre Euroméditerrannée, est présente dans le film avec les habitants de la rue de la République ou ceux du quartier des Crottes, qui tentent de comprendre à quelle sauce les promoteurs vont les manger. « On a vu rue de la République une opération d’une brutalité exceptionnelle, on a expulsé les pauvres, pour donner aux banquiers une véritable vente à la découpe. Sur mes images je ne voulais pas d’analyse savante, carrée, c’est pourquoi il n’y a pas de noms sous les visages de ceux qui parlent. »

On reconnaît tout de même Alèssi Dell’Umbria et Bruno Le Dantec, tous deux auteurs de livres remarqués sur Marseille [2] Le Dantec souligne la récupération par l’élite des défauts de la ville : « Presque tout ce qui lui était auparavant reproché s’est maintenant transformé en argument de vente. » Les propos de Claude Valette, adjoint au maire délégué à l’urbanisme, rapportés dans son livre, édifient sur les conflits à l’œuvre : « On a besoin de gens qui créent de la richesse. Il faut nous débarrasser de la moitié des habitants de la ville. Le cœur de la ville mérite autre chose [3].  » Ils rappellent la volonté de la mairie d’avant guerre de détruire le quartier du Port, destruction que les forces d’occupation allemande mettront en œuvre en 1943 avec le plasticage de 1 500 immeubles et les milliers de déportations. La destruction de ce quartier aux petites ruelles avait pour objectif de vider Marseille de ses éléments criminels…

Le film de Nicolas Burlaud alterne réjouissances culturelles programmées et résistances populaires. Deux sociétés s’affrontent. Pauvres travailleurs contre riches marchands. Au milieu, une série de spectacles cherchant à drainer des touristes vers une Marseille réduite à une façade. Visiteurs allemands, touristes anglais et croisiéristes américaines sont promenés dans un décor de cinéma, loin des camps de Roms et des quartiers que les pelleteuses grignotaient. Loin de cette Marseille méditerranéenne, cette sœur pied noire ou kabyle d’Alger, loin de la rue d’Aubagne où les Comoriens vivent dehors, loin de Noailles ou du marché au puces des Arnavaux et de ses stands arrachés au bitume. La Chambre de commerce, à l’image de la bourgeoisie de la ville, vend de la culture importée, comme on peut la trouver à Rotterdam ou à Paris. Du prêt-à-penser culturel à base de Philippe Découflé, une marchandise à consommer avant de rentrer s’asseoir devant Canal Plus et se taire. Le film fait ressentir cette position de consommateur assignée au peuple, position de propriétaire d’un logement normé et de travailleur détaché de son activité. La culture est ce manteau qu’on lui jette sur les épaules pour qu’il paraisse moins crasseux, moins vulgaire, moins peuple. Alors ce peuple à qui l’on dénie le droit de manifestation ou d’existence dans la rue, se tourne vers le stade, rare lieu pourtant encadré, où il peut le temps d’une rencontre de football, redevenir acteur.

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Dates des prochaines projections en cliquant sur l’affiche.

La culture est dotée d’une aura inattaquable, même si Franck Lepage de la Scop Le Pavé avait ébréché ce mythe dans « L’éducation populaire, Monsieur, ils n’en ont pas voulu », une de ses conférences gesticulées : « Non, j’ai arrêté de croire, pour être très précis, en cette chose qu’on appelle chez nous “la démocratisation culturelle”… C’est l’idée qu’en balançant du fumier culturel sur la tête des pauvres, ça va les faire pousser et qu’ils vont rattraper les riches ! Qu’on va les “cultiver” en somme. Voilà, c’est à ça que j’ai arrêté de croire. Mais j’ai compris bêtement un jour que les riches avaient les moyens de se cultiver toujours plus vite… »

Nicolas Burlaud explique, sourire aux lèvres : « Ce qui marche dans le film, je crois, c’est que les spectateurs ressentent, plutôt que je leur explique. Nous n’arrivions pas à mettre des mots sur ce qui nous arrivait. » Le film suit donc les moments phares de ce grand spectacle culturel dans une ville où la culture populaire rencontre les plus grandes difficultés. On peut y voir le « projet » de quartiers créatifs, destinés à être éphémères, alors que les quartiers nord quémandent depuis longtemps du soutien scolaire, ou des cours de musique. Les scènes d’inauguration mêlent culture et commerce dans un ballet tragique. Au delà de l’archive, le film est un outil de combat à l’usage du Marseillais. S’il cite l’Eneide de Virgile, Burlaud s’est inspiré d’un texte qu’on trouve sous le vocable de « A mort l’artiste », sorte de pamphlet situationniste qui attribue à l’artiste le rôle de publicitaire.

Avant Marseille capitale de la culture, des avertissements comme des fusées d’alerte avaient pourtant été lancés depuis Lille 2004. Le site de La Fête est finie dont s’est inspiré Nicolas Burlaud, écrivait :

« Quand une rangée de CRS fonce sur la foule, le plus grand nombre sait encore comment réagir : on fait des barricades de fortune pour ralentir leur marche, on ramasse quelques pierres, des bouteilles et l’on se prépare à courir. Mais quand c’est un Lille2004-capitale-européenne-de-la-culture qui nous tombe sur le coin de la gueule — et ce pourrait aussi bien être un Genova2004-capitale-europea-della-cultura ou un Forùm-universal-de-les-cultures-Barcelona2004 —, nul ne sait trop comment s’y prendre. Chacun devine que c’est un sale coup qui se prépare et qu’il y a donc une parade à inventer, mais laquelle ? et contre quoi ? L’idée qu’ici le Capital n’avance plus à coups de canon, mais précédé d’une milice dansante, bruissante, bigarrée d’artistes en costumes et de branchés sous ecsta ne nous est pas encore familière. Quand nous entendons le mot “culture”, nous ne pensons pas encore à sortir notre revolver. »

Notes

[1] Lire Nicolas Arraitz, « Marseille : ne fête rien dans la rue ! », CQFD n°121, avril 2014.

[2] Alèssi Dell’Umbria, Histoire universelle de Marseille. De l’an mil à l’an deux mille, Agone, Marseille, 2006, et Bruno Le Dantec, La ville-sans-nom. Marseille dans la bouche de ceux qui l’assassinent, Le Chien Rouge, 2007.

[3] Le Figaro, 18 novembre 2003.

Les grandes manœuvres – Ventilo

Les grandes manœuvres

L’heure du bilan a sonné. Avec le documentaire La Fête est finie, Nicolas Burlaud analyse les véritables enjeux et conséquences de la Capitale culturelle 2013.

les grandes manœuvres

Rares sont les documentaires qui revisitent l’histoire récente d’une ville. Pourtant, c’est bel et bien le projet de ce long-métrage. En filmant le déroulement de l’année Capitale de la Culture, Nicolas Burlaud traduit son inquiétude et sa sensation d’avoir été « piégé ». Son sentiment, le réalisateur exprime à travers l’allusion poétique au Cheval de Troie, le cadeau des Grecs aux Troyens, dissimulant dans ses entrailles des soldats armés. Dans le film, la Capitale de la Culture est assimilée à un cadeau empoisonné fait aux habitants, pour dissimuler non pas des soldats, mais les mutations urbaines et immobilières spéculatives à l’œuvre dans la ville, avec notamment le projet Euromed et la réhabilitation de la rue de la République. Par ce biais métaphorique, le mot d’ordre est donné : le réalisateur donne à voir cette « machine de guerre que les élites locales avaient en tête depuis longtemps. » Une machine de guerre étiquetée du beau concept de « culture », dans le seul but de participer à la « course effrénée vers une image branchée et modernisée de Marseille. »
Si le documentaire dénonce les travers de la gentrification de la cité phocéenne, il filme avec une grande sincérité les craintes et les peurs des Marseillais de se sentir exclus des grandes décisions politiques. On découvre, par exemple, les habitants de la Joliette, contraints de quitter leur quartier à cause de l’augmentation des loyers, ou encore une bénévole des quartiers Nord en colère d’avoir été oubliée par la Capitale culturelle.
Le documentaire offre une tribune à ces habitants mécontents et aux voix qui, habituellement, restent dans l’ombre. Non, Marseille ne deviendra pas une ville comme les autres, tant que la résistance citoyenne est à l’œuvre. Tel est, en tout cas, le souhait cher au réalisateur.

Clarisse Treilles

voir sur le site de Ventilo

Interview du réalisateur sur Marsactu

  • Intervention du réalisateur sur le plateau de MARSACTU.

Coup de pied grec – Le premier docu qui démonte le cheval de Troie de la capitale culturelle par elodie Crezé.  22/01/2015

nico marsactu

Nicolas Burlaud présente sur notre plateau son film « la Fête est finie ». Ce pamphlet présente Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, comme le cheval de Troie de la rénovation urbaine destinée à uniformiser Marseille et à l’embourgeoiser. A découvrir ce jeudi soir aux Variétés.

Réaliser un film sur la capitale européenne de la culture est très vite devenu une nécessité pour Nicolas Burlaud, documentariste au sein du collectif Primitivi : « Dès 2013, j’ai eu la sensation d’être pris dans un piège, avec cette capitale de la culture parée de son aura quasi religieuse. Du coup, il est très difficile d’être contre ». Sous peine, d’après l’un des personnages du film, d’être traité de « fasciste ». « Je n’arrivais pas à comprendre vraiment de quoi la capitale de la culture était le nom… » L’image mythologique du Cheval de Troie, piège des Grecs pour anéantir les Troyens s’impose naturellement. L’histoire apparaît donc en filigrane dans le film La Fête est finie par la lecture d’extraits, tandis que les images des festivités de 2013 défilent.

Car l’entreprise est présentée comme machiavélique. MP2013 aurait permis, selon l’auteur, de masquer une réalité bien moins joyeuse et éphémère : celle de la destruction progressive du Marseille populaire, historique, par le biais de la rénovation urbaine en marche. Les témoignages des anciens habitants de la rue de la république expulsés  contrastent avec les paillettes et la fête détournant les regards.  Pour Nicolas Burlaud, la capitale de la culture « qui vient servir de pompe à financement de projets et d’écran de fumée » serait ainsi « un accélérateur de la Ville Nouvelle – avec des majuscules », souhaitée par élites politiques et une bourgeoisie d’affaire.

« Pas de place pour tout le monde »

Problème, « dans la ville qui se dessine, il n’y pas de place pour tout le monde ». De fait, poursuit le réalisateur qui dit employer volontairement des termes de marketing, « le coeur de cible n’est pas la population marseillaise mais des investisseurs, des partenaires privés, des promoteurs immobiliers dont la Ville de Marseille et Euromed ont besoin pour faire avancer leur projet. Et donc on dessine une ville qui ressemble à toutes les autres dans la concurrence acharnée que se livrent les villes moyennes pour devenir des mégapoles, des métropoles… Cette ville fait fi de la population marseillaise. »

Le film, réalisé en toute indépendance et produit par l’association de vidéastes Primitivi n’a bénéficié d’aucune subvention. « On est fiers d’avoir fait un film qui vient de la rue », ajoute notre invité. Certes, le long-métrage est présenté deux ans après l’année capitale. Mais pour Nicolas Burlaud, il est encore temps de prendre conscience des choses. « Le film a de accents tragiques et prophétiques mais il n’est pas trop tard. J’espère apporter ma pierre à l’édifice. » Surtout à l’heure où Marseille revêt ses plus beaux atours en vue de devenir la capitale européenne du sport en 2017.

Des projections-débats sont prévues ce jeudi à 20 h, en présence du réalisateur au cinéma Les Varietés, rue Vincent-Scotto, 13001 Marseille (Tarif unique 5€) ainsi que dimanche à 19 h à La Rouille, 89, rue Nau, 13005 Marseille.

 

Voir sur le site de Marsactu

Site France 3

Documentaire : la face cachée de Marseille capitale de la culture

par Astrid Garaude, paru sur le site de France 3

Marseille ville nouvelle. C’est depuis plusieurs années, le souhait des politiques qui ont lancé un vaste réaménagement de la ville. Une mutation lourde de conséquences selon Nicolas Burlaud, réalisateur du film « La Fête est finie ».

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